• Une majorité unie pour supprimer deux postes ; une opposition unie pour les défendre et pour faire de l’éducation de nos jeunes une priorité !

     

    Vendredi 22 décembre, tous les élus de la majorité, sans aucune exception, ont voté la suppression de deux postes d’assistantes d’enseignement artistique intervenant dans les écoles, en musique et en arts plastiques. Alors que des parents d’élèves ont écrit une tribune, que nous avons lue en séance, et fait signer une pétition, nos élus sont intervenus sur tous les aspects de cette décision pour faire comprendre aux élus de la majorité leur gravissime erreur. En vain …

     

    Jacques Drouet est d’abord intervenu sur l’écriture même de la délibération et sur le manque d’approche humaine d’une telle décision.

    Intervention de Jacques Drouet

    « Nous abordons à présent un point à l’ordre du jour de notre conseil municipal qui marque une rupture entre nos deux groupes sur la vision que nous avons du service public. Nous voulons être ici les porte-parole des Fertésiens inquiets de voir les services rendus au public se dégrader. Les élèves vont devoir subir le coup de rabot budgétaire qui mettra à mal l’enseignement de disciplines artistiques. C’est dans cet esprit et en préambule à nos débats que nous voulons porter à la connaissance des membres du Conseil une lettre rédigée par un parent d’élève, Denis Chartier. De même, nous vous ferons part d’une pétition lancée par les parents d’élèves des écoles du Centre, des Sablons et des Chêneries.

    J’aurai aussi quelques observations à faire et des questions à poser.

    Sur la forme. Dans la note de synthèse, vous rappelez que le Comité Technique a été consulté à plusieurs reprises, le 11 et le 22 décembre. Quel était l’objet de la saisine du Comité Technique du 22 décembre dès lors que ce même Comité Technique avait rendu un avis défavorable le 11 décembre. Enfin nous sommes surpris par la formulation de la note de synthèse qui précise que la décision a été prise après avis du Comité Technique du 22 décembre alors que cette même note de synthèse nous est parvenue le 15 décembre. Même si le Comité Technique est consultatif, il est surprenant de faire référence à la décision d’une instance qui ne s’est pas encore tenue.

    Sur le fond, toujours dans la note de synthèse, vous précisez que la commune s’est notamment fixée comme objectif de « stabiliser la masse salariale conformément au DOB 2017, en repensant les services à la population et en procédant à la suppression d’emplois et ce prioritairement sur les compétences facultatives actuellement exercées par la collectivité ». Nous souhaitons connaitre quels sont les services rendus à la population qui seraient devenus facultatifs et sur quels critères vous fondez vos choix. Par ailleurs j’attire aussi votre attention sur la situation des personnels dont les missions sont considérées, selon vous, comme mineures, qui doivent être légitimement inquiets pour leur avenir, je pense notamment aux personnels de l’Espace Madeleine Sologne ou de la Maison de la Musique.

    Ensuite la note de synthèse décrit les procédures règlementaires qui encadreront ces suppressions de postes. Vous rappelez que les personnels dont les postes sont supprimés seront maintenus en surnombre pour une durée d’un an et qu’au-delà ils seront pris en charge par le centre de gestion. Cette prise en charge s’accompagne d’une contribution dégressive de notre collectivité.  Cette contribution représente 1,5 fois le montant des traitements bruts augmentés des cotisations sociales les deux premières années, 1 fois ce montant la troisième année, ¾ de ce montant au-delà.

    Par ailleurs cette prise en charge, et donc la contribution de la collectivité d’origine, n’ont aucune limitation de durée. Pouvez-vous nous confirmer cette procédure et les coûts induits ?

    Enfin le surnombre suivi d’une prise en charge par le centre de gestion sont les étapes ultimes, nous souhaitons savoir si tous les moyens ont été mis en œuvre pour tenter de reclasser les personnels concernés au sein de notre commune ou niveau de la Communauté de Communes.

    Pour ne pas être trop long je vous renvoie aux propos que vous teniez dans l’Elan Fertésien du mois d’avril : « le programme de ce 2ème trimestre de l’année 2017 est donc dense. Il remet l’humain au cœur. Nous cessons de parler chiffres, de parler crise pour parler de vous, de ce qui cimente notre collectivité ». Nous aurions souhaité que vos propos, que nous partageons, se traduisent en actes. Malheureusement, force est de constater que dans la note de synthèse, vous n’abordez que les aspects comptables et règlementaires en oubliant la dimension humaine. Les ressources humaines, ce sont aussi des compétences et des savoir-faire au service du vivre ensemble. Les compétences développées par ces deux agents contribuent à cette approche ; il est regrettable que vous n’en teniez pas compte dans la décision que vous voulez prendre. »

     

    Thierry Montalieu a ensuite pris la parole pour contester la vision économique justifiant le choix de la majorité.

    Résume de l’intervention de Thierry Montalieu

    « Nous contestons votre argumentaire économique. Le statut de la fonction publique territoriale est protecteur car le législateur a souhaité que les collectivités n’abusent pas des licenciements dans leur gestion courante. Le coût en est donc logiquement élevé ce qui anéantit les « économies » visées. Le Centre de Gestion exigera 300% du salaire brut employeur sur les deux premières années d’accompagnement. Le débat budgétaire 2017 n’envisageait pas de licenciements de fonctionnaires titulaires, pourquoi ce revirement et qu’en sera-t-il pour l’avenir ? Vous avez clairement fait le choix de renforcer l’administration centrale de la commune aux détriments d’emplois directement aux services des Fertésiens. »

     

    Absent car grippé, Dominique Dessagnes a fait lire en séance un texte qu’il avait écrit, décrivant la réalité de la politique menée par la majorité dans le domaine de l’enfance et de la famille.

    Intervention de Dominique Dessagnes

    « Nous sommes consternés par la décision que vous souhaitez prendre, et qui une nouvelle fois, s'attaque aux services rendus au secteur « enfance-jeunesse ».

    Alors que vous laissiez croire aux Fertésiens, dans l'Elan daté du mois de septembre, que l'école et la politique de la jeunesse étaient pour vous « des priorités », et que notre collectivité y attachait « une grande importance », vous n'avez de cesse depuis 2014, de réduire les possibilités offertes à ce secteur en réduisant constamment les moyens accordés aux écoles, à l'exception notable de l'école Sainte-Thérèse.

    La liste est malheureusement longue et explicite de vos choix qui font passer notre commune d'une situation auparavant enviable, à une situation qui la place désormais bien derrière les écoles de notre voisinage :

    - vous avez réduit les activités éducatives à un niveau proche de la disparition, et ce malgré les efforts déployés par nos personnels.

    - vous avez contingenté de manière stricte et minimaliste les possibilités de départs en classe de découverte.

    - vous avez abandonné toute ambition dans l'équipement informatique de nos écoles, domaine pourtant indispensable à la formation des élèves. Nos écoles ne vont disposer en 2018 que de 3 VPI (vidéo-projecteurs-interactifs) pour plus de 700 élèves, là où l'école de Ligny-le-Ribault, par exemple, en a 5 pour sa centaine d'élèves.

    - vous avez, année après année, baissé la dotation accordée aux écoles, et vous continuerez en 2018 en intégrant dans les budgets-écoles le coût des déplacements en car intra-muros, coût qui s'avère chaque année très élevé et qui était auparavant pris en charge en direct par la collectivité.

    - et maintenant vous supprimez les interventions dans les écoles dans les domaines culturels, et sans doute à la suite, sportifs, ce qui privera les écoles des interventions directes mais également de l'accès à des projets fédérateurs inter-écoles ou communaux.

    Nous sommes donc consternés par cet entêtement à cibler de manière insistante, ce domaine de la formation de nos jeunes, domaine qui nous semble pourtant parmi les plus importants pour une commune comme la nôtre. »

     

    Suite à ce texte, Constance de Pélichy, certainement mal à l’aise face à la décision qu’elle était en train de prendre et sentant la montée de la colère de parents d’élèves, n’a pu se contenir et a traité Dominique Dessagnes de « menteur comme un arracheur de dents ». Nous avons demandé à ce que ces propos soient inscrits au Procès-Verbal.

     

    Emmanuel Fournier a également pris la parole pour remercier Madame Bastien et Madame Quémard du travail accompli pendant toutes ces années au sein de collectivité, et pour revenir sur le triste argumentaire de la logique comptable qui régit seule cette délibération.

    Intervention d’Emmanuel Fournier

    « Vous souhaitez sacrifier Mesdames Bastien et Quémard, agents animés par la passion de leur métier, heureuses de transmettre le goût de la culture et des arts plastiques à nos enfants. L’appui de ces deux expertes auprès des enseignants représente pourtant un réel apport pour le développement de nos jeunes.

    Le titre de votre délibération est frappant et glaçant : suppression de 2 postes d’enseignants artistiques par mesure d’économie. Il est révélateur de vos choix politiques. Vous réduisez deux salariés présents depuis 25 ans dans la collectivité à une simple notion budgétaire. Dans votre esprit, l’être humain a complètement disparu au profit d’une écriture comptable. Les collègues de Mesdames Bastien et Quémard peuvent s’inquiéter.

    D’autres solutions moins radicales et moins brutales auraient pu être examinées. Les missions énumérées dans la délibération suivante démontrent qu’elles auraient pu être redéployées sur d’autres postes. Leurs compétences auraient pu être valorisées dans le cadre de projets développés par la Maison de l’Animation Sociale et de la Solidarité. La conception des espaces verts de la commune à laquelle avait contribué Madame Bastien aurait pu lui être proposée.

    Nous demandons à chacun des membres du Conseil Municipal de voter selon leur libre conscience et de bien soupeser les conséquences pour Mesdames Bastien et Quémard et leurs familles de les licencier. Retrouver un emploi dans leur domaine et à ce stade de leur carrière sera compliqué.

    Je tiens en tout cas à les remercier, au nom de la collectivité fertésienne, pour la qualité du travail qu’elles ont accompli au fil des années auprès des enseignants et des enfants. »

     

    Pour terminer, Jean-Frédéric Ouvry a rappelé qu’une solution aurait pu être trouvée au niveau intercommunal. Encore aurait-il fallu s’en donner la peine …

    Résumé de l’intervention de Jean-Frédéric Ouvry

    « Je partage totalement les propos de mes collègues élus d’opposition. Je suis intervenu mercredi lors du Conseil Communautaire pour réclamer que la culture soit rajoutée dans les compétences de notre Communauté de communes. Cela permettrait de mutualiser nos moyens concernant les bibliothéques, la maison de la musique, les chorales et diverses harmonies municipales, les saisons culturelles et les cinémas, les interventions à caractère éducatif dans nos écoles, …

    Monsieur Roche, Président de la Communauté de Communes, nous a indiqué ne pas être opposé à étudier un tel transfert de compétence en termes de coût et de moyens. C’est pourquoi nous vous demandons de surseoir à cette décision afin de se donner le temps, avec la Communauté de Communes, d’étudier la possibilité de mutualiser la compétence Culture.

    Madame le Maire, vous vous honoreriez ce soir, dans cette période de préparation de Noël, de nous faire, ainsi que surtout aux deux agents concernés, le cadeau de retirer cette délibération. »

     

     

    Malgré toutes ces interventions, seuls les 7 élus « La Ferté Saint-Aubin, une ville pour tous » ont voté contre la suppression de ces deux postes décidée par Constance de Pélichy. Les 21 autres élus de la majorité ont suivi comme leur ombre Madame le Maire. A n’en pas douter, Constance de Pélichy avait demandé aux membres de sa majorité de voter « groupé », quelques soient les opinions des uns et des autres. Constance de Pélichy a donc offert une image de majorité unie pour retirer leur travail à deux agents et supprimer un service rendu à nos jeunes. Quelle belle unité …

    « L’enseignement artistique « dernière roue du carrosse » pour la municipalité ?Clôture du parcours de santé : une construction illégale ? »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :