• L’enseignement artistique « dernière roue du carrosse » pour la municipalité ?

    Nous vous en avons déjà parlé sur notre site, la majorité prévoit ce vendredi 22 décembre la suppression de deux postes d'assistantes d'enseignement artistique intervenant dans les écoles de notre commune (l'une pour la musique, l'autre pour les arts plastiques). Nos élus vont évidemment voter contre cette décision. Nous relayons ci-dessous une tribune signée par un collectif de parents élus et non élus des écoles publiques de La Ferté Saint-Aubin.

     

    "En septembre 2017, dans l’édito de l’Élan Fertésien n° 25 intitulé La famille priorité de la commune, Madame de Pélichy rappelait que « L’école et la politique de la jeunesse font partie des missions essentielles d’une collectivité ». Elle rappelait aussi que ces deux missions étaient le « 1er budget de la commune » avec 2,3 millions d’euros dépensés en 2016, budget qui comprenait le paiement de la cinquantaine d’agents travaillant « auprès de nos enfants ». Que d’éléments lui permettant de communiquer sur l’une de ses priorités … et pourtant … Dans le même temps, ses services annonçaient à deux titulaires, Assistants territoriaux d’enseignement artistique employés depuis plus de 25 ans par la Mairie de La Ferté Saint-Aubin, que leurs contrats allaient s’interrompre, pour raisons budgétaires, fin décembre 2017, en plein milieu de l’année scolaire. Après s’être rendus compte qu’il était compliqué d’interrompre les activités de ses enseignants musique et arts plastiques en plein milieu d’année scolaire, l’échéancier de leur départ sera repoussé à juin 2018 mais le verdict est tombé : les enseignants artistiques qui construisaient de beaux projets avec les équipes pédagogiques et les enfants ne seront plus là en septembre 2018.

     

    Vendredi 22 décembre prochain, ce verdict doit être mis au vote au conseil municipal sous l’intitulé 4.6 : suppression de 2 postes d’enseignants artistiques par mesure d’économie. Pourquoi une telle mesure ? Ces deux enseignants artistiques travaillent depuis plus de 25 ans dans les écoles de La Ferté Saint-Aubin. Ils sont un appui inestimable aux maîtres des écoles, et font un travail loué par les professionnels comme par les parents. Certes, on pourra nous rétorquer qu’il n’est pas obligatoire que ces postes existent, les maîtres des écoles étant censés pouvoir prodiguer les activités artistiques. Certes, on nous dira aussi que ces assistants territoriaux étant titulaires, on devra bien leur trouver quelque chose à faire … Mais à qui fera-t-on croire qu’une musicienne ou qu’une plasticienne, diplômées universitaires dans leurs domaines et praticiennes, pourront être avantageusement remplacées par des maîtres des écoles qui ont déjà tant à faire.

     

    Quelques réflexions sur ce qui se passe …

    Sur la méthode

    Si l’on met de côté que l’éducation des enfants devrait être la dernière ligne touchée par les restrictions budgétaires, le minimum aurait été de prendre cette décision en concertation avec les enseignants, avec les parents, avec les intéressés … et non pas en n’ébruitant pas trop cette décision ou en restant suffisamment flou sur l’échéancier de cette décision (auprès des parents d’élèves en particulier), décision visiblement prise de façon unilatérale et brutale pour les agents. Et que dire du préjudice moral et personnel que représente cette suppression de poste, votée qui plus est à la veille de Noël. Belle façon de remercier ces personnes ayant eu un rôle si important auprès des enfants de notre commune. On se prend à rêver ici d’une consultation des Fertésiens ou simplement des parents d’élèves, comme on a pu le faire il y a peu pour une déviation, leur demandant s’ils souhaitent que ces postes soient supprimés pour raisons budgétaires. Nous ne doutons pas que la majorité s’y opposerait en appelant à trouver d’autres solutions pour faire des économies.

     

    Sur le fond

    N’importe quelle personne qui s’intéresse un tant soit peu au développement intérieur et à l’éducation d’un enfant sait combien les activités artistiques sont fondamentales, au même titre et peut-être plus encore que les maths, le français, etc. Supprimer ces activités inestimables pour nos enfants est le signe d’une vision de l’éducation qui paraît rétrograde et conservatrice et qui relève d’une autre époque. Elle va aussi à contre-courant des dernières annonces gouvernementales signifiant qu’il faudrait rétablir ou renforcer les enseignements de la musique, de la culture à l’école primaire.

     

    La communication de Madame de Pélichy et de son équipe se télescope totalement avec leurs actions. Par la même, ils participent activement au dangereux désarroi des citoyens vis-à-vis des politiques, accusés, trop souvent à tord, de ne pas faire ce qu’ils disent, alors que nous sommes dans un temps où il faudrait redoubler de vigilance sur l’accord entre discours et actions. L’argument des restrictions budgétaires a ici bon dos. Il s’agit en fait de choix politiques qui interrogent. Dans des temps troublés où il est bien difficile de faire société et où un sentiment d’insécurité et de défiance vis-à-vis de son prochain est, de façon souvent injustifiée, très présent, que faut-il préférer ? Installer comme c’est le cas à La Ferté Saint-Aubin, des caméras de surveillance à renfort de dizaine de milliers d’euros ou croire en la force d’une éducation artistique et culturelle au service d’une citoyenneté renforcée et de rapports sociaux apaisés car construits sur une meilleure compréhension sensible et culturelle de son prochain ? Si les deux ne sont peut-être pas incompatibles, une chose est sûre, c’est une grave erreur de négliger l’éducation artistique et culturelle.

     

    Pour finir

    Dans son Édito de l’Élan Fertésien d’avril 2017 intitulé « Mettre l’humain au cœur », Madame de Pélichy terminait en disant : « Nous cessons de parler chiffres, de parler de crises pour parler de vous, de ce qui cimente notre collectivité ». Eh bien dans ce texte, nous parlons aussi de cela. Nicole Bastien et Christine Quémard Mitaine, par leurs actions artistiques et humaines dans les écoles depuis plusieurs décennies, ont activement participé à cimenter notre collectivité. Nous ne pouvons comprendre la mise au vote de la suppression de leurs postes et nous avons mal au cœur pour elles. En ce sens, nous, parents d’élèves sommes résolument opposés à la décision de la municipalité et nous demandons à ce que ce vote soit annulé, ou a minima reporté, pour engager une discussion collective sur des alternatives possibles à cette décision."

     

    Collectif de parents d’élèves (élus et non élus) des écoles publiques de La Ferté Saint Aubin

    « Les derniers conseils de l'année 2017 ...Une majorité unie pour supprimer deux postes ; une opposition unie pour les défendre et pour faire de l’éducation de nos jeunes une priorité ! »

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