• Budget 2018 : entre approximations et manque d’ambition

    Budget 2018 : un ordre du jour bouleversé qui ne respecte pas les règles et ne facilite pas le débat

    La présentation du budget 2018 a d’abord commencé par un sérieux problème de méthode pour la majorité municipale. Habituellement, le vote du budget primitif est d’abord précédé par la validation des comptes de l’année antérieure après certification par le comptable public. Cette procédure est cohérente car le résultat de l’année précédente a une influence sur l’équilibre budgétaire de la nouvelle année à travers l’affectation des résultats (positifs ou négatifs).

     

    Pour des raisons qui lui sont propres, Madame Le Maire a souhaité précipiter les choses et les faire finalement à l’envers …

     

    Les élus ont donc reçu comme il est de coutume des documents au moins 5 jours ouvrables avant la tenue du conseil. A notre surprise, les conditions habituelles de vote du budget n’étaient pas réunies ce que nous avons fait remarquer immédiatement. La municipalité admet alors son approximation et adresse quelques documents complémentaires « la veille pour le lendemain ».

     

    Au final et pour protester contre le nombre croissant de non-respect des procédures au cours des derniers mois (tentative de privatisation du Gué du Roi, conditions d’abattage des arbres sur le boulevard Foch, installation précipitée de la clôture autour du parcours de santé, mise en œuvre du plan de circulation), nous n’avons pas pris part à ce vote. Nous pouvions demander le retrait de ces points de l’ordre du jour mais comme nous sommes une opposition responsable nous ne souhaitons pas bloquer le calendrier budgétaire de la commune.

     

    Il s’agit donc d’un petit rappel à l’ordre, d’un carton jaune. Ces procédures existent pour garantir les droits des citoyens et pour organiser le débat démocratique au sein de la collectivité. S’en arranger n’est pas bon signe !

     

    Budget 2018 : une trajectoire peu claire et un manque évident d’ambition

    Sur le fond, ce budget 2018 est d’abord difficile à interpréter car il présente peu de caractères forts. On nous assène un diaporama de 104 pages, on saucissonne le débat et finalement que retient-on ? Rien ou presque … On n’augmente pas les impôts, la dette baisse, certes, mais où sont les projets ? Où est la volonté politique exprimée normalement dans un budget ?

     

    Commençons par quelques accommodements avec la réalité ; mais les chiffres sont têtus. La majorité parie sur une stabilisation des dépenses de fonctionnement pour 2018. L’an dernier à la même époque, c’est une baisse qui était annoncée : le résultat 2017, c’est 4,7% d’augmentation. Que faut-il croire ? Sur les dépenses de personnel qui est un sujet très sensible surtout depuis l’annonce du licenciement de deux personnels titulaires, quelles sont les prévisions ? Rien d’explicite … Pire en fait, une ambiguïté ! Alors que lors du travail en commission, il avait été évoqué une économie sur les départs en retraite (non remplacement des départs ?), ce point n’apparaît plus alors que l’objectif d’économie générale reste affiché ; comment résoudre cette énigme ? Les annonces douloureuses sont-elles remises à plus tard comme en 2017 où il n’avait jamais été évoqué la piste des licenciements au moment du vote du budget ? … Et pourtant !

     

    La plupart des indicateurs de gestion ne s’améliorent pas si on met la dette de côté. Alors oui la dette baisse mais il est assez aisé de le comprendre. On n’investit quasiment plus depuis 3 ans et on rembourse les emprunts précédents donc l’endettement diminue. Ce n’est pas un effort de gestion, c’est de la simple arithmétique. Une gestion raisonnable de la dette n’est pas de se fixer un objectif de zéro dette. L’emprunt est un outil au service du développement des collectivités, arrêtons de la diaboliser. Des territoires sans dette ou presque, cela existe mais ce sont aussi malheureusement des territoires où il ne se passe rien et qui déclinent. Au cours des deux dernières années, notre commune a investi à des niveaux très inférieurs de ce que font les autres (nous prenons du retard) et au plus bas depuis dix ans (à peine 1 million d’euros en 2017). Sous l’argument d’une gestion saine, c’est surtout le manque d’idées qui est au pouvoir. Un mandat de 6 ans pour inaugurer au bon moment, quelques mois avant le printemps 2020, le nouvel espace sportif alors qu’il était dans les cartons depuis 2012, c’est un peu court.

     

    Pour terminer et revenir sur le manque de projets exprimé par ce budget il suffit de se reporter quelques semaines en arrière. A l’automne dernier, la consultation sur la déviation a souligné l’inquiétude des fertésiens sur l’avenir du centre-ville et de ses commerces. Quelle trace trouve-t-on de la volonté politique de prendre ce sujet à bras le corps dans le budget 2018 … Aucune !

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